LTDMDALUDF ( épisode 2.2 – les rôles des figures)

Dans l’épisode précédent j’écrivais en conclusion : « L’essentialisme du tarot, s’il est un handicap à la lecture n’en est pas moins une répartition des compétences et des savoirs spirituels et intellectuel selon deux versants : actif et passif et 4 principes. C’en est très souvent sa lecture traditionnelle, à usage divinatoire. Parce qu’elle ne retient que l’apparence des cartes, masculine ou féminine. C’est une erreur de lecture que je voudrais corriger dans la suite de ce chapitre. »

Revenons au 14ème siècle.

Les 4 figures représentent 4 rôles, ces rôles se tiennent dans 4 mondes.

Ficin est catholique, Ficin croit aux vertus cardinales que sont la prudence, la justice, la force et la tempérance. On note au passage que seules 3 d’entre-elles figurent dans la série des « Arcanes majeures », Que se passe-t-il si l’on attribue ces vertus (selon les principes essentialistes de Ficin, les hommes d’abord, les femmes ensuite, et Les femmes ayant peu d’influence sur les mondes intellectuels et spirituels.) à nos personnages plutôt que des « niveaux » de compétences comme auparavant ?

« Quel devoir des vertus fondamentales fit défaut à ces hommes ? De ces vertus, ils mirent au premier rang la prudence qui s’applique à la découverte du vrai et inspire le désir d’une science plus complète ; au second rang, la justice qui accorde son dû à chacun, ne réclame pas le bien d’autrui, néglige son utilité propre, afin de sauvegarder l’équité entre tous ; en troisième lieu, la force qui se distingue dans les activités de la guerre et dans la paix, par la grandeur et l’élévation de l’âme, et qui se signale par la vigueur physique ; au quatrième rang, la tempérance qui observe la mesure et l’ordre en tout ce que nous estimons devoir faire ou dire. »[1]  et plus loin quelques autres indices sur la Justice et la Force : « Ainsi donc la justice se rapporte au lien social et à la communauté du genre humain. », « Traitons maintenant du courage qui, étant comme plus élevé que toutes les autres vertus, se divise en entreprises guerrières et civiles. »

 

Épées Bâton Deniers Coupes
Monde intellectuel Monde spirituel Monde matériel Monde social
Roi  Prudence  Prudence  Prudence  Prudence
Reine  Justice  Justice  Justice  Justice
Cavalier  Force  Force  Force  Force
Cavalière  Tempérance  Tempérance  Tempérance  Tempérance

 

Si les rôles genrés (de l’interprétation traditionnelle) roi/reine et cavalier/cavalière (valet) sont aujourd’hui – et à raison -discutables, cela se renforce avec la disparition des répartitions qui conditionnaient le premier tableau (pour mémoire : « Le roi, comme la reine/dame, « gouvernent » au monde intellectuel et au monde spirituel, le cavalier/la cavalière (le valet) « agissent » dans le monde matériel et des interactions sociales. ») pour reprendre celle de l’ordonnancement des vertus cardinales et de leur répartitions dans les 4 « mondes ».

Le raisonnement semble viable. Nous avons toujours quatre « partenaires » de jeu, toustes sont les représentants terrestres d’une vertu mais ne sont pas cette vertu. Les 4 personnages restent complémentaires toustes ensemble et semblent bien armés pour former une équipe de « rôlistes platoniciens » visitant l’Enfer de Dante. Ce qui est cohérent avec ce que nous explique Ambroise de Milan :

« II est donc clair que ces vertus et toutes les autres sont apparentées entre elles : le courage aussi qui, ou bien à la guerre protège la patrie contre les barbares, ou bien en temps de paix défend les faibles, ou bien les compagnons contre les bandits, accomplit pleinement la justice ; d’autre part, savoir par quelle résolution défendre et aider, saisir aussi les opportunités des moments et des lieux, relèvent de la prudence et du tact ; et la tempérance elle-même sans la prudence ne peut savoir la manière ; connaître l’opportunité et rendre suivant la mesure relèvent de la justice ; et en tout cela la grandeur d’âme est nécessaire, avec un certain courage de l’esprit, très souvent aussi du corps, pour que l’on puisse accomplir ce que l’on veut. »[2]

[1] Ambroise de Milan (4ème siècle), Les devoirs, Livre 1 http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/StAmbroise/des_devoirs1.html

[2] Id.

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