Monogamie exclusive : la souffrance dont on ne parle pas

Dans une interview récente un comédien déclarait : « J’ai eu très jeune le désir de m’émanciper. J’étais en très bons termes avec ma famille, mais je savais que je ne serais pas gendarme, que je ne manipulerais pas les armes et que je ne vivrais pas dans des champs d’angoisse. »[1] J’ignore quel a été le modèle familial de cette personne mais elle est une image assez éloquente des limites de nos modèles familiaux en occident.

La norme monogame exclusive n’est pas une mauvaise norme en soi mais elle a une limite qui engendre une souffrance psychologique chez les personnes qui s’y conforment en refoulant leurs désirs et contraint les plus faibles à tromper la confiance de leur partenaire. Dans les deux cas, la monogamie exclusive mal vécue diminue l’estime de soi. Quant au partenaire qui n’a été ni tenté, ni n’a succombé il est peut-être de celles et ceux pour qui apprendre qu’on n’est pas l’unique objet d’amour est un cataclysme émotionnel.

Ce ne sont pas quelques cas isolés ; de la blessure légère à la vie affective brisée et tout ce qui est possible entre ces deux extrémités, les victimes de cette norme sont légions.

Polyamour : la stigmatisation

Ne nous voilons pas la face, appelez-ça des préjugés si vous le souhaitez, mais quand vous êtes victime de préjugés (appétit sexuel hors norme, instabilité affective, etc.), quand celles et ceux qui vivent comme vous le sont aussi, quand les media amalgament polyamour et libertinage, quand parmi les questions qu’on vous pose une grande partie d’entre-elles relèvent de votre vie sexuelle (exemple : En ce moment, vous avez combien de partenaires ?), alors il s’agit bien d’une stigmatisation.

Les polyamoureuses et les polyamoureux ne sont pas des personnes différentes, leur sociologie, leurs sexualités, leur équilibre affectif sont les mêmes que le reste de la population de la planète. Les polys sont simplement des personnes qui un jour ont franchi le seuil de la maison monogame où ils se sentaient trop à l’étroit.

 

Les autres articles sur le polyamour

[1] Robin Renucci : « L’industrie du divertissement nous dévore »

http://www.lemonde.fr/culture/article/2017/04/16/robin-renucci-l-industrie-du-divertissement-nous-devore_5111966_3246.html#fWdZ8hRMr9fpxU2u.99

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