Je n’ai jamais reçu de fessée.

Je n’ai jamais reçu de fessée. Quand ma mère était en colère, elle saisissait ce qui lui tombait sous la main pour frapper. Torchon, cuillère en bois, manche de balai… Oui, elle était souvent dans la cuisine quand ça arrivait.

Elle aussi avait connu une violence pendant l’enfance. Lors d’une dispute avec sa soeur alors qu’elles épluchaient des légumes,celle-ci lui avait jeté son couteau au visage. Ma mère avait replié son bras devant juste à temps pour que le couteau s’y plante. Elle en avait gardé une longue cicatrice à l’extérieur de l’avant-bras droit.

Elle avait vu également sa grande soeur bruler vive sous ses yeux de petite fille de 10 ans, impuissante et traumatisée à vie de la vision de sa soeur tournoyant en flamme devant elle. « Elle tendait les bras en l’air. On aurait dit qu’elle riait. On aurait dit qu’elle dansait en tournant comme un derviche. »

Elle avait vu son grand-père mourir de son suicide par éventration. « Pour mourir plus vite, il s’était sorti les boyaux du ventre » disait-elle.

Oui, l’enfance d’où elle venait avait été violente. Et oui, elle vivait dans la cuisine.

Alors, non, ma mère ne me donnait pas de fessée, elle me battait.

Si j’écoute mes frères et soeurs, il ne se souviennent pas de coups reçus. « Tu es le seul à t’en plaindre. » m’a dit une soeur.

Je ne m’en plains pas. Je constate ce simple fait. Celui-là et d’autres.

J’étais anorexique. Je suis né en sous-poids un 24 décembre, après 9 mois et demi de grossesse. J’ai été mis en couveuse immédiatement. Nous sommes sortis de la maternité « la veille de mon anniversaire », soit le 11 janvier.

Alors elle m’en voulait un peu, « d’avoir raté Noël et le jour de l’an avec mes enfants » me disait-elle à chaque anniversaire. En racontant aussi comment elle avait appris qu’elle était enceinte de 2 semaines à l’occasion d’une opération pour lui enlever un kyste à un ovaire. Celui où j’étais. « si j’avais su ça avant l’opération, j’aurai demandé au chirurgien qu’il enlève l’oeuf aussi en même temps ».

A 23 ans, je pesais 48 kg pour 1m73.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. François Soulabaille dit :

    Je n’ai pas de rancoeur envers maman, elle a fait comme elle avait appris, avec ses moyens. De la même façon je n’en veux à personne de tout ce qui a fait ma vie. Mais c’est en affrontant mes souvenirs, en les contextualisant, que j’ai compris qui étaient nos parents et qui je suis moi-même, ce qu’ils ont empeché de grandir, ce qu’ils ont aidé à grandir.

    Et puis il y a un temps pour tout. un temps pour se (re) construire et un autre pour agir en tant que personne autonome de ses choix, de ses actions, de ses valeurs. Le passé est loin, mon père est mort plus jeune que moi, avec une vie différente à une autre époque. En tant qu’homme il ne peut plus être un guide, il ne comprendrait rien du monde dans lequel nous vivons et de mon mode de vie.

    Bref, nous avons le droit de constater leurs failles. C’est vrai que cet article s’arrête là et ne dit pas où j’en suis après psychanalyse. C’était un jour où des gens défendaient la fessée comme méthode éducative.

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  2. christian SOULABAILLE dit :

    j’ai eu droit aussi à ce que tu appelles les coups j’ai eu l’occasion de sentir se briser sur mon dos un manche à balai (probablement fragile) puis qu’il ne m’a pas blessé j’ai vu voler aussi à travers une vitre après m’avoir frolé un os du chien j’ai pris aussi des claques de papa qui n’avait pas de chance avec ce genre de geste (ilm’a fait saigner du nez souvent) au point qu’il a fini de lui meme par ne plus en donner quant à ta naissance elle est arrivé en effet un soir de noêl plus tard que prévu survivant dirais je car tu es né le cordon ombilical encerclant ton corps ce qui à fait que tu es passé en couveuse avec ce qu’on appelait »une jaunisse » enfin bref que de péripéties mais je ne veux pas que tu penses que maman regrettait ta naissance ni nous non plus d’ailleurs (frère et soeur)tu es simplement arrivé dans une période de notre vie ou tout semblait s’établir dans la norme ,papa maman un garçon,une fille, bientot une maison ,cinéma parfois, etc etc, ce qui pourrait expliquer ce sentiment de non-acceptation de ta venue
    mais j’ai souvenir de grands moments passés à t’accompagner et à te caliner pour t’aider à trouver le sommeil de disputes avec les copains parce qu’ils faisaient trop de bruit et allaient réveiller « mon ptit frère »
    je peux te garantir que pour maryse et moi meme tu as été un cadeau de noêl inattendu d’autant plus que les grands-parents étaient à Paris (fait exceptionnel) et puis un ptit frère le soir de noêl quel symbole tout de meme pour une maman croyante voilà j’ai mis là quelques mots qui me sont venus après t’avoir lu

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