Petit texte écrit pour ce blog http://www.madmoizelle.com/declic-feministe-8-mars-236482

J’ai eu une éducation que je qualifierais de « non genrée ». Dans l’esprit elle était genrée, mes parents n’ont pas essayé de nous éduquer de la même façon, filles et garçons, mais dans les faits…

Par exemple, participer aux travaux ménagers, quel que soit notre sexe, était une chose normale. De même que cuisiner. Mais dans le même temps, Papa embauchait les garçons pour bricoler avec lui et Maman apprenait aux filles à coudre et tricoter.

Quand j’ai eu 3 ans environ, une petite sœur est née, puis un petit frère 18 mois après. J’avais déjà un grand frère de 10 ans mon ainé et une grande sœur de 7 ans plus âgée que moi. En toute logique, et pour des raisons simplement pratiques, j’ai été pris en charge par mes 2 ainé-e-s pour soulager un peu maman. Et plus grand, je me suis un peu éduqué tout seul aussi.

Mes loisirs éducatifs par exemple, c’était apprendre le tricot et la couture avec ma petite sœur. Et dans le même temps je maçonnais avec papa ou faisais de la mécanique avec mon beau-frère (le mari de ma grande sœur).

Dans mon esprit tout cela était normal et simple. D’ailleurs personne ne s’est inquiété de me voir apprendre des « trucs de fille » puisqu’à côté de ça je faisais aussi des « trucs de garçon ».

Donc les phrases du genre : « ça c’est pour les filles » je ne me souviens pas d’en avoir jamais entendu à la maison.

Et gamin, j’entendais les conversations des adultes, ainsi j’ai appris très jeune que maman ne pouvait pas avoir de chéquier à son nom ou que papa ne voulait pas qu’elle travaille ou qu’elle se maquille. Je voyais bien cette domination ordinaire de mon papa sur ma maman. Et je voyais bien aussi qu’elle n’était due qu’à son éducation, à leur histoire, à leurs vies d’avant leur rencontre. Ils reproduisaient un schéma qui, dans les autres familles, tendait à disparaître.

Bref, j’ai poursuivi ma vie. Je suis devenu de plus en plus féministe au fil de mes expérience,mais je m’en défendais. Je m’interdisais de dire que je l’étais parce que je croyais également qu’étant homme je n’avais pas le droit de l’exprimer. Le féminisme c’était « un truc de fille ».

Puis j’ai rencontré Florence, une activiste de La Barbe. Et très vite elle m’a dit « tu es féministe ». Et très vite elle m’a sorti de ce résidu d’essentialisme qui entachait mes pensées.

Alors mon déclic, le jour où je me suis dit : « je suis féministe », c’est quand je suis sorti de l’essentialisme quand Florence est entrée dans ma vie.

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