Ce matin deux news de merde:

  • Dans Causette qui paraît ce mercredi, un magazine prétendument féministe, on peut lire « 55 bonnes raisons de ne pas aller aux putes ».

parmi les 55 raisons on trouve :

« Parce qu’il y a toujours moyen de se fabriquer une pute acceptable avec une pastèque trouée. »

« Parce que vous n’êtes jamais sûr que cette “fille” qui vous excite tant n’en a pas une plus grosse que la vôtre. »

« Parce qu’une “mama” (mère maquerelle africaine) qui vous fait avorter a coup de pieds dans le ventre n’a rien d’une bonne mère. »

Parce que je hurle tout seul en lisant cela, j’ai eu envie de venir hurler dans vos oreilles pendant que vous êtes calmement installé-e avec les collègues de la compta à la meilleure table du restau d’entreprise à parler des premiers pas de la petite dernière de Josette, a vous demander si oui ou non la cup libère LA femme comme le dit Jacqueline de la DRH et a râler contre ce con de Jean-Pierre (le délégué du personnel) qui trompe sa femme avec Lucette (de la com) alors qu’il a deux gosses mineurs ce porc (c’est Laurie du service commercial qui l’appelle comme ça. Celle que son mec a quitté pour aller vivre avec un gay l’an dernier mais qu’il est pas gay, c’est juste qu’il a besoin de sexe et il va revenir un jour quand il sera gavé, elle le sait, elle le dit.). Machinalement, pour éviter de passer encore une fois pour la « féministe hystérique LGBT (friendly ou pratiquante) de la mort qui tue » de la boite, vous avez choisi d’aller regarder touiteure et fessebouc pour y lire quelques doses de féminisme afin de vous laver les oreilles. Alors forcément vous êtes tombée sur mon billet d’humeur.

Donc je hurle. Pourquoi ?

Parce que comparer une pute à une pastèque trouée, c’est comparer une femme à une pastèque trouée. Parce que si tu crois que penser que les mecs considèrent une vulve comme un vide couilles c’est féministe, tu as souvent raison, mais que si tu considères les putes comme des vide couilles c’est féministe, tu as tort. Parce qu’une pute, c’est d’abord une femme avant d’être une pute. Et que A CAUSE DE ÇA on doit éviter d’en parler comme les anti-féministes en parlent.

Parce que parler encore de travelos en 2013, c’est n’avoir jamais quitté les années 70. Celles où quelques connards allaient leur casser la gueule pour le plaisir dans le bois de Boulogne. Parce que l’homophobie ordinaire se niche partout y compris dans les bonnes vieilles vannes sur la taille de la bite des putes brésiliennes.

Parce que laisser planer l’idée que les peuplades africaines qui colonisent nos lieux de prostitution sont à peine sorties de l’époque barbare, c’est raciste. Parce que c’est laisser planer l’idée que les noirs (les « blacks » comme dit Marcel, le responsable de la sécurité qui dirige l’équipe de vigiles de la boite), tous les noirs, après qu’ils aient excisé leurs filles, les confient à des « mamas » qui les prostituent et les tabassent quotidiennement. Parce qu’en même temps, ça évite soigneusement de parler des michetons : à 99% des mecs.

  • Dans Causeur, le magazine pour mecs dont Causette à du inspirer le titre, on découvre que «343 salauds» clament leur droit à «leur pute»

Copier/collé de quelques lignes de l’article de Libération sur le sujet : « Selon Elisabeth Lévy, la directrice de la rédaction du magazine, la référence au «Manifeste des 343 salopes» répond surtout «à l’envie d’emmerder les féministes d’aujourd’hui». Dont celles d’Osez le féminisme ! qu’elle appelle «les brigades des plumeaux» parce qu’elles «ne s’intéressent qu’au partage des tâches ménagères». Or, Elisabeth Lévy entend défendre «le droit à la différence», «le droit de jouir» et… «la cause des hommes». »

On va faire un truc simple. Essayez, vous verrez, ça vous fera comprendre pourquoi je hurle :

Remplacez « pute » par « pastèque trouée » chaque fois que vous avez à le prononcer. (Si, si, j’insiste, c’est féministe puisque c’est dans Causette !). Exemple 1 : « toutes des pastèques trouées sauf ma mère« . Exemple 2 : « il existe trois catégories de femmes : les pastèques trouées, les salopes et les emmerdeuses. Les pastèques trouées couchent avec tout le monde, les salopes couchent avec tout le monde sauf avec toi, les emmerdeuses ne couchent qu’avec toi. » (Frédéric Dard)

A chaque fois que vous parlerez à une transexuelle, parlez lui de la taille de sa bite (c’est féministe aussi : c’est dans Causette)

Et quand Aminata (la jeune malienne (Celle qui a un master de droit commercial) qu’on a pris en CDD au service juridique pour faire quota  « diversité » dans la boite et qui achète les croissants et fait le café tous les matins) se plaindra de maux de ventre, demandez lui si sa mère a essayé de l’avorter la veille. Vous verrez, ça la fera rire (elle a vachement d’humour, comme dit Marcel qui s’y connait en humour « black » vu que tous les vigiles sont antillais).

Et si personne ne rit à vos bonnes blagues féministes, posez-vous une seule question : Causette/Causeur même combat ?

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