Ce matin j’étais sur l’antenne de France Inter dans l’émission « Service public » dont le thème était : « Quand lavera-t-on le linge sale en famille ? » – L’évolution des rôles dans les tâches domestiques.  Avec  Christine Castelain-Meunier, sociologue au CNRS, auteure de « Le ménage, la fée, la sorcière et l’homme nouveau », ed. Stock et  Philippe Tesson, journaliste.

Vous pouvez réécouter cette émission ici http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=748554

J’avoue que je me suis senti un peu seul et surtout un peu mal à l’aise que ce soit moi, un homme, qui soit le « féministe de service » alors que la seule femme du plateau était, pour le moins, peu au fait de la réalité, sinon complice de la situation.

Pour un aperçu des chiffres réels sur le sujet (plutôt que de lire C. Castelain-Meunier qui pense que tout va bien) je vous conseille l’Observatoire des inégalités qui rappelle que « En moyenne, les femmes consacrent 3h52 par jour aux tâches domestiques contre 2h24 pour les hommes, indique l’enquête Emploi du temps 2009-2010 de l’Insee. »

Et pour compléter lisez un bon ouvrage de référence comme « Du balai. Essai sur le ménage à domicile et le retour de la domesticité. » ed Raisons d’agir, de Sandrine Rousseau et François-Xavier Devetter :

« Qui tient le balai à la maison ? Le ménage est tout sauf une simple affaire domestique. Il exprime en concentré les inégalités sociales les plus profondes qui ont trait aux relations entre hommes et femmes, au rapport à l’emploi selon les classes sociales et au sort réservé à bon nombre d’immigré-e-s.

Le moindre paradoxe n’est pas de voir les pouvoirs publics consolider ces inégalités en soutenant les services privés à la personne. Au nom de la promotion professionnelle des femmes (aisées) et de l’emploi des femmes déqualifiées n’assisterait-on pas à un retour de la domesticité, en France, au XXIe siècle ?

Au terme de leur enquête sur les ressorts sociaux, économiques et politiques de ce qui reste encore aujourd’hui «un sale boulot», les auteurs proposent une alternative émancipatrice : elle milite pour une autre répartition des temps alloués au travail et à la vie privée et pour une révolution intime, qui forcerait les hommes à prendre leur part du fardeau domestique et à se satisfaire d’affaires à peine moins bien rangées. La longue marche vers l’égalité vaut bien quelques faux plis.« 

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