Je vous ai déjà parlé des Antigone et un peu aussi des Femen, je voudrais maintenant vous parler de La Barbe.

La barbe, ce n’est pas exactement mon premier contact avec le féminisme, mais c’est certainement le plus fort. Celui qui m’a vraiment révélé et réveillé.

La première barbue que j’ai rencontré, c’était Alix. Ce n’était pas dans un cadre féministe, mais je l’ai revue plusieurs fois dans les mois qui ont suivi. A l’époque je vivais avec une de ses amies proches. Je lisais alors « L’ennemi principal » de Christine Delphi et on a sans doute du évoquer celle-ci une fois ou deux dans nos petites conversations. Et un jour Alix m’a dit, sur le ton de l’humour, que j’étais lesbienne. Je ne me souviens plus de ce dont nous parlions ce jour, mais je me souviens encore que sa remarque m’a fait plaisir.

La deuxième barbue, c’était Florence. Je pense que j’ai certainement du croiser quelques autres barbues auparavant, mais je n’en ai pas le souvenir. Une chose est certaine, je n’avais reparlé de La Barbe et du féminisme qu’avec Florence depuis Alix.

Depuis j’ai rencontré et je connais de nombreuses barbues, permettez-moi de ne pas les citer. D’abord parce que j’en oublierai sans aucun doute et ensuite parce que le propos n’est pas de faire du « name dropping » mais de vous parler de La Barbe.

La revendication :

L’égalité femme-homme dans les lieux de pouvoir. TOUS les lieux de pouvoir, ceux de l’État, ceux du monde du travail, de la culture, du sport, etc. Partout ou les hommes dominent et décident seuls ou presque.

La méthode :

Un activisme sous la forme d’une quasi performance artistique. Imaginez : Vous êtes assis confortablement dans l’amphithéâtre où se tient un colloque d’envergure. Sur la scène, de nombreux hommes et peu ou pas de femmes. Soudain, vous remarquez dans la salle qu’une femme s’est levée et reste immobile. Puis une autre et une autre encore, et d’autres encore. vous remarquez qu’elles sont dispersées dans la salle et qu’elles portent toutes des barbes postiches.

Elles traversent les rangs et s’avancent vers la scène. Elles s’alignent derrière ou devant la tribune et l’une d’elle entreprend de lire, au micro s’il est disponible, un texte qu’elle tient entre les mains. Le texte est drôle, elles y félicitent les organisateurs de leur résistance à la féminisation du lieu de pouvoir qu’ils représentent. Puis elles repartent en distribuant leur texte au public tout en sortant de la salle. Pendant ce temps, une Barbue aura filmé et photographié l’événement. Le tout se retrouvera ensuite sur leur site internet et dans le communiqué de presse qu’elles envoient après chaque « action » de La Barbe.

La structure :

Pas de cheffe, pas de porte-parole, pas d’homme. Une structure  » à plat » et égalitaire. Quand une Barbue propose une prochaine action, c’est elle qui la prend en charge. Pour coordonner la logistique de La Barbe, il y a 2 « maréchales » qui sont renouvelées tous les ans.

Ce qui me séduit de La Barbe c’est la simplicité et l’efficacité du message. Elles dénoncent un état de fait, aux responsables de trouver une solution pour y remédier.

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